Salut les kids et aujourd’hui, on va parler skateboard.

Avant tout, je veux vous préciser que ces modestes lignes ne seront pas un « test » de MON jeu préféré sur la Playstation. Vous y avez sans doute déjà joué (si c’est pas le cas…), je vais plutôt vous parler de : comment ce jeu est le digne représentant de la « culture skateboard »?

« Shu, c’était comment les jeux de skate avant Tony Hawk’s Skateboarding ? »

Et bien c’était du caca en barquette, même si certaines personnes aiment 720° (sorti en arcade en 1986 par Atari). Ce jeu ne rends pas justice à ce loisir (qui est devenu un sport et aussi une forme d’art urbain). Mais… 720° ne fait que refléter l’état de la scène dans le milieu des années 80. La hype des années 70 est morte avec les anciens hippies qui skataient des piscines vides et à l’instar du crash du jeu vidéo beaucoup de compagnies de skateboard font faillite dans les années 80 (l’une des rares à perdurer reste Powell Peralta). Mais 720° de part son gameplay ne comprends pas que l’avenir de ce sport ne se passera pas dans les skateparks mais dans la rue.

Partis d’un bon sentiment alors que la scène est en pleine transition (avec le freestyle et Rodney Mullen à qui on doit 90% des tricks existants sur une planche à roulettes), les jeux qui arrivent seront forcément bons, non ? L’Atari 2600 verra naître un nanard du nom de Skateboardin’ (un jeu qui se veut un hybride entre 720° et Pitfall). Et en cette même année 87 sort un autre nanard bien plus célèbre qui ternira l’idée même d’un jeu de skate : California Games.

On revient au cliché que le skateboard c’est les rampes, les half pipes,… Certes c’est une partie du sport, mais California Games est plus une compilation de micro jeux qu’un jeu complet donc passons l’éponge et laissons ce vieillard incontinent (California Games) tranquille à son âge, il n’a plus toute sa tête. Le footbag c’est pas bon pour le cerveau.

Puis Konami décide de concevoir un jeu de skate. LE Konami, LE Konami qui a sorti des bons jeux de sport comme Blades of Steel et Track n Field. Quelles chances d’avoir un jeu digne des productions LJN (qui a produit un jeu de skate ceci étant dit) ? Une autre occasion manquée avec Skate or Die. Tout comme 720°, certaines personnes ne détestent pas ce jeu mais les contrôles et l’absence de gameplay viendront vous convaincre que Konami parfois c’est pas génial. La seule chose mémorable de Skate or Die c’est sa musique. Enfin sur Commodore 64, car un morceau a été composé par Rob Hubbard l’un des compositeurs les plus respectés de cette époque.

Puis les choses se sont un peu tassées. Rien ou presque à se mettre sous la dent avant l’arrivée de la Playstation. Et c’est là qu’entre en scène Neversoft. Leur premier jeu, Skeleton Warriors sur Saturn, n’a pas été franchement une réussite. Ni leur second jeu d’ailleurs, Apocalypse, adapté du film éponyme avec Bruce Willis. Retenez ce nom! Même si Apocalypse n’était pas un grand jeu, Neversoft à passé du temps à travailler sur le moteur 3D et Top Skater de SEGA (exclu arcade) leur donne l’idée de faire un jeu de skate. Top Skater c’était Tony Hawk’s Skateboarding avant l’heure et aussi un peu de Crazy Taxi avec sa bande son punk-rock (Pennywise en signe la BO).

Ils commencent donc à bosser sur le jeu. Mais il leur faut un personnage. Ils ont modélisé Bruce Willis (espèces d’enfoirés) donc ils l’incluent dans le jeu.. Ils rentrent donc en contact avec Tony Hawk (qui déjà à cette époque est LA légende de ce sport) et ils lui présentent un prototype du jeu avec Bruce Willis comme seul personnage. Et à ce stade de développement, selon la légende, Bruce était encore armé sur son skateboard..

Au début, ils imaginent que le jeu se déroulera en deux temps : un temps de course et à la fin une partie de skate libre dans un skatepark. Puis au fur et à mesure des phases de tests, les développeurs voient que le public termine trop vite les courses pour pouvoir passer le plus de temps possible dans le park. Ils envoient des démos à Hawk  pour qu’il corrige des incohérences (et il enregistre la « motion capture »). En septembre 1999 sort donc : Tony Hawk’s Skateboarding.

What ? What ? What ? Oui en Europe c’est Tony Hawk’s Skateboarding (et non pas Tony Hawk Pro Skater).

Mais il y a plus à raconter que cette histoire de développement. Un événement majeur dans l’histoire du skateboard eut lieu en cet été 1999 : les 5em X-Games. Les JO des sports extrêmes.

Lors du « best trick contest », Tony Hawk veut tenter une manœuvre qu’aucun skateboarder n’a réussi à ce jour. Les autres participants s’impatientent et le commentateur crie au micro : « donnons lui une autre chance ». A son 11em essai : Tony Hawk, épuisé rentre dans la légende en réussissant un 900°. Non seulement cet événement a un retentissement planétaire (je me souviens avoir entendu parler de cet exploit dans un magasine sportif), mais Neversoft, qui est sur le point de sortir le jeu n’aura pas le temps d’éditer l’intro du jeu pour profiter de l’engouement de ce record (le 900° sera dans l’intro de THPS2).

D’abord, faisons le tour des protagonistes. Neversoft et sans doute Hawk ont compris que pour que le jeu parle avant tout à son public il faut que tout les styles soient représentés. De Tony Hawk et ses comparses amateurs de half pipes, du skate de rue avec Chad Muska ou Jamie Thomas. Tout le monde est présent, même une skateboardeuse, Elissa Steamer, première femme à atteindre le status de pro. A vrai dire, mis à part les freestyleurs comme Rodney Mullen (qui sera présent dans la suite) tout le monde est là.

Round Two – Rodney Mullen from 30shot on Vimeo.

Par contre, la bande son ne fait pas preuve d’autant de variété. Du bon gros rock qui tâche (Dead Kennedys, Primus, Suicidal Tendencies…). Oubliez la richesse et la variété des prochains opus, ici on ne fait pas dans la dentelle.

Hawk a aussi eu la bonne idée (je pense que cela vient de lui) d’implémenter un autre élément clé de la culture « skateboard » : les cassettes. Leur façon de débloquer ces vidéos diffère selon les jeux, mais ces séquences (souvent trop courtes) étaient avant l’arrivée d’internet la seule et unique façon de découvrir ce sport. Ces vidéos étaient aussi une forme d’art urbain très sous estimée, proche du documentaire/film expérimental. Ces films, c’était ce que j’appelle la « culture du bootleg ». Car, comme les cassettes audios circulaient de mains en mains , ils étaient copiés à maintes reprises, et au final non seulement on avait notre film mais on avait l’impression de faire partie d’un truc « underground ». Ce n’était pas une bonne idée de plus d’introduire le joueur moyen (sans doute peu familier avec le skateboard) à cette forme d’art, c’était à mon sens une idée de génie. Chaque idée dans ce jeu le rapproche un peu plus de ce qui fait du skateboard à la fois un art et un sport, mais en plus il vous rend familier avec tout ça. Et sa suite, Tony Hawk Pro Skater 2, avec son éditeur de skatepark, ne fera que confirmer que ses développeurs et les gens qui y prêtent leurs noms ont tout compris à leur sujet.

Le seul petit reproche du premier opus mis à part sa bande son très orientée c’est l’absence de lieux emblématiques (mis à part Burnside, le skatepark situé sous l’un des ponts de Portland et créé sans les autorisations de la ville), mais ça aussi ça sera corrigé dans les suites (notamment avec le LOVE PARK, lieu emblématique de la scène à Philadelphie).

zero misled youth from aidan clarke on Vimeo.

Puis vient le gameplay. Là on se dit : super c’est Hawk qui a fait la motion capture. Mais rien n’est réaliste! Et justement c’est pour ça qu’on s’amuse avec le jeu. C’est le fait de sauter un gap de plusieurs mètres puis d’atterrir en manual pour ensuite enchaîner avec un grind qui fait que le jeu est foufou et ne ressemble à aucun autre. D’ailleurs, à cette époque, suite à la popularité énorme du jeu, beaucoup de développeurs s’essayeront à l’exercice, mais avec un approche plus réaliste et c’était vraiment horrible (comme Thrasher Skate and Destroy). Si bien que pour avoir un bon jeu de skate à peu près réaliste il faudra attendre que Electronic Arts arrive avec la licence Skate.

Et la licence Tony Hawk, où est-elle passée ? Si elle a connu son apogée avec le second et le troisième opus, Activision (l’éditeur du jeu) à voulu tenter le motion gaming (Tony Hawk Motion, Tony Hawk Shred), et c’est là où la licence a pris sérieusement du plomb dans l’aile. Activision a tué définitivement la franchise avec Tony Hawk Pro Skater 5, un jeu qui est tellement médiocre que je refuse d’en parler mais ces quelques images vous donneront une idée de ce ramassis de glitches. (Note de Beyond: je garde de l’affection pour Tony Hawk’s Underground 2, avec l’équipe de Jackass, le plus dingue de la série, et Project 8 dans sa version Xbox 360, plutôt soigné).

Avec l’arrivée de grands équipementiers sportifs dans le monde du skate (Adidas, Nike, New Balance, etc) et les compétitions comme la Street League Skateboarding ou du Battle at The Berrics, il y a fort à parier qu’on aura un jour d’autres jeux de skate pour passer le temps entre deux sessions ou tout simplement pour se détendre dans le canapé après une trop longue journée de travail.

PS de Beyond: Hey! Listen! Vous voulez redécouvrir les deux premiers épisodes? Un certain Tony Hawk’s Pro Skater 2X est sorti en exclusivité sur XBOX aux USA. Il regroupe l’intégralité des deux premiers épisodes, 5 levels exclusifs, et des améliorations du 3, comme la balance pour les grinds. It’s a secret to everybody! ^_^’

Publicités